[SÉRIE] « Les Soprano » : top 10 des leçons d’une série culte

Pour tenter de voir la série en streaming, essayez ce lien : https://gtlf.fr/wiflix/

Important : rassurez-vous il n’y a pas de « spoilers » dans cet article (selon moi).

Voir « Le Parrain » (1972), « Casino » (1995) et « Scarface » (1983) (qui parle certes d’un Cubain… mais joué par un Italien : Al Pacino) tous les week-ends, peut ne pas être suffisant pour avoir une connaissance précise de la réalité du monde de la mafia et des gangsters.

Un film comme « Le Sicilien » (1987), lui, a un avantage énorme, c’est qu’il ne tombe pas dans le conte de fée comme « Le Parrain » (1972). Du reste, dans ce film financé par les Américains, l’action se passe en Europe. Ce qui permet de gagner énormément en réalisme car dans ce film il n’y a pas la crainte d’égratigner « le rêve Américain ».

L’avantage de la série « Les Soprano » c’est qu’ils avaient BEAUCOUP plus de temps pour développer bon nombre de sujets par rapport à des films de 1h30 à 2h15 environ.

Essayons de voir ensemble le top 10 des leçons à retenir de cette série de 86 épisodes diffusés de 1999 à 2007 :

1_Une série chrétienne

Oui la série « Les Soprano » est une série chrétienne.

_Une série mariale même. Prenez le temps de regarder les décors. Écoutez bien les dialogues aussi.
_Concernant la petite-amie Dominicaine de Anthony Junior, Tony répond : « Au moins elle est catholique » (saison 6 épisode 12).

2_Une série de droite

Libertarienne sans doute. Patriote même. « Facho » et « réacs » sont des mots que la sœur de Tony utilise à l’encontre de sa famille jusqu’à ce qu’elle retrouve le droit chemin.

3_La notion de famille

3.1 La famille au sens propre

Autant être franc, la famille au sens classique, celle du sang, elle se prend une énorme tarte dans la gueule. C’est le mensonge de films comme « Le Parrain » (1972) ou comme « Le clan des Siciliens » (1969) c’est à dire nous faire croire à des familles unies (voir le mot « clan ») qui défonceraient tous les obstacles sur leur passage. Ce genre de familles, ultra-fusionnelles, je l’ai vu chez les voyageurs (gitans) mais chez eux aussi, cela est souvent une apparence.

Il faut bien comprendre que quand Tony Soprano parle de « famille » c’est en fait de l’organisation criminelle dans laquelle il travaille dont il parle.

3.2 La famille au sens large

« Mon cousin » est une expression que l’on entend beaucoup chez les gitans. Et c’est malin. De cette manière on fait comprendre que tel ou telle personne « est de la famille, sans en être vraiment ». C’est pratique pour impressionner un adversaire. C’est la force du nombre.

C’est la même méthode que l’on voit dans « Les Soprano ». On ne parle que de neveu, cousin, beau-frère etc… Ce qui légitimise un paquet de choses. Mais ces titres familiaux, ne sont pas forcément vrais. C’est un outil pour être plus fort.

3.3 La famille au sens impérialiste

Nous les Français, encore aujourd’hui (héritage de la monarchie ?), on considère les gens en fonction de leur rang social et/ou de leur argent.
Les États-Unis, eux, fonctionnent comme un Empire. Bien que l’argent y a une place énorme, l’idée que chacun à un rôle à jouer pour la réussite d’un projet est centrale. Ainsi la mentalité Anglo-Saxonne parle de « team spirit » ou de « team player » tandis que en France, « l’esprit d’équipe » dans les entreprises, on ne voit pas souvent ce que c’est (tellement la hiérarchie, notamment sociale, est forte).

Ne pas considérer les gens comme des vassaux ou des rois, mais comme des membres d’une famille, est un point de vue précieux.
Mieux, « voir dans chacun un dragon », un potentiel, est une saine attitude je trouve.

Une hiérarchie qui n’est pas fondée sur l’argent ou le patrimoine, mais sur le mérite, est une bonne hiérarchie. On sait que Napoléon III a institué la devise « Valeur et Discipline » en 1852 sur la « médaille militaire » : https://www.legiondhonneur.fr/fr/page/la-medaille-militaire/86 . Cette idée de méritocratie, si révolutionnaire, nous, Français, nous devons nous en rappeler.

Du reste, Tony Soprano est un grand fan de documentaires militaires.

4_La nécessité d’une discipline militaire

Cela peut sembler surprenant au premier abord, mais oui, la série « Les Soprano » démontre l’importance d’une discipline militaire pour la réussite d’une entreprise.

_Tony parle assez tôt d’organisation « paramilitaire » créée par son boss de l’époque « Jacky ». Mais plus la série avance, plus on se rend compte que ce type d’organisation n’est pas le fait de Jacky mais le fait des anciens. Et partout dans leur milieu.
Le termes « capo » (capitaine) est prononcé souvent. Même « lieutenant » lors du départ d’un personnage charismatique.

_Tony aime beaucoup manger des boules de glace devant des documentaires militaires (comme si il regardait la chaîne de télévision « History channel »). Dans la réalité, je pense que il aurait lu des livres sur ces sujets. Et/ou aurait discuté avec des vétérans pour avoir des infos croustillantes et des tuyaux.

_Anthony junior est censé aller dans une université militaire. On sait que dans « Le Parrain » (1972), Michael Corleone fait son service militaire et en revient changé. Le sujet est d’ailleurs à nouveau abordé à la fin de la saison 6. Et un autre fils de la famille est envoyé dans une structure possiblement militaire.

_Paulie transforme le tableau de Tony pour le représenter en général d’Empire. Et c’est cette représentation de général qui va finalement inspirer Tony pour faire ce qui était nécessaire vis-à-vis d’un personnage.

_Dans les programmes passés à la télévision dans la série, on voit à un moment « The A team » (l’agence tous risques) qui parle de militaires devenus des « soldiers of fortune » (mercenaires). Dans le milieu des bikers, on croise souvent d’anciens militaires justement.

5_Les sports

Plusieurs sports et/ou activités de loisirs sont récurrentes dans la série. On peut citer :

_La chasse : la pierre angulaire de la défense de la famille

Si vous y prêtez attention, vous verrez à quel point la chasse est présente dans la série.

_Le golf : la pierre angulaire pour nourrir la famille

Beaucoup de scènes se passent dans l’univers du golf. Le golf est aussi évoqué via les clubs offerts à Tony pour son anniversaire dans la saison 6 épisode 13.

_Les courses de chevaux 

Déjà présent dans « Le Parrain » (1972) avec la fameuse scène de la tête de cheval. Ou encore dans la série « Peaky blinders » (2013 – 2022) ou le film « The Gentlemen » (2019) de Guy Ritchie. Ce sport est également présent dans « Les Soprano ». Dans la série, on ne voit pas d’affaires se conclure dans ce milieu (alors que c’est le cas dans la réalité). Par contre, l’univers des courses est utilisé pour dénoncer l’addiction aux jeux dans la saison 6.

_Le football Américain : un sport viril inspirant pour Tony

Dans la saison 4, Tony montre qu’il s’estime être un coach. On le voit dans son discours de l’épisode 12. C’est très intéressant. Cependant, bien qu’il agisse souvent comme un Père, tout l’univers du coaching aurait pu être développé davantage.

_Le baseball : le sport populaire aimé par Vito

Une statue avec un personnage portant une batte, apparaît à deux reprises dans la série. Le baseball, comme tous les sports, est une source de rentrée d’argent, car la famille est très impliquée dans les paris sportifs.

_Le poker : une source de revenus pour la famille

Le poker est un sport selon bon nombre de personnes. Le problème est que, mathématiquement parlant, c’est beaucoup plus dur d’y gagner de l’argent que dans les courses de chevaux. On est presque sur un jeu de hasard pur (le pire étant le reste des jeux que l’on trouve dans les casinos – établissements souvent représentés dans la série).

6_Des personnages aiguisés et supports

Autant être clair, chaque épisode relate des anecdotes de l’univers de la mafia. Donc on a affaire à des personnages « porte-avion » qui pourront porter plusieurs histoires.

6.1 : le triumvirat principal

La série fonctionne autour d’un triumvirat : Tony l’homme d’affaire, Silvio l’homme de confiance, Paulie l’homme de main.
Ces 3 personnages semblent assez simple de prime abord. Tony ressemble à un gros Italien moyen. Sylvio est un gestionnaire discret. Paulie est un vieux-garçon.
Cependant les choses ne sont pas aussi simples.

_Tony Soprano : un franchouillard qui part vite en sucette

Difficile de le décrire. Au premier regard, il ressemble à un gros ours blasé par la vie, qui va au boulot, comme tout un chacun.

Mais en fait Tony Soprano, joué par l’acteur James Gandolfini, est loin d’être un Américain moyen même si il essaye de faire « profil bas » (en tout cas jusqu’à son changement de voiture…).

En effet, Tony Soprano est :
_Infidèle. Il a 1 maitresse – au minimum- presque durant toute la série), misogyne (mais de manière bien moins explicite que Don Draper dans « Mad Men » (2007 – 2017).
_Psychotique. Il est chez sa psy dés le premier épisode & certains moments de la série montrent qu’il DOIT se comporter de manière imprévisible).
_Il a besoin d’être régulièrement flatté par ses employés (à croire qu’il passe du signe astral du Taureau à celui de Lion).

Il incarne tantôt Zeus, tantôt Vulcain, tantôt Bacchus.

Sur bien des points, il est un Baron. Il nous fait penser à « Kingpin » (personnage de l’univers de « Daredevil ») plus l’histoire avance. Dans ses mains, il a la carte de l’argent, la carte du Papa et la carte de la violence. En effet il est montré assez tôt qu’il est riche, il montre souvent son côté paternaliste et il peut être très dangereux voir cruel.

D’un point de vue vestimentaire, il y a beaucoup de points intéressants. Sauf que plus on arrive vers la fin, plus il se fringue comme un richou arrogant. Dommage. Il aurait été intéressant de le voir en pull par exemple.

_Silvio Dante : le discret « consigliere »

Si Tony est Zeus, Silvio est-il Pluton ? Dieu de la mort, de la terre et de l’argent. Silvio est réservé. Discret. Introverti. Un personnage lunaire à l’opposé du solaire Tony.

L’acteur Steven Van Zandt a pris un pied évident à jouer ce personnage assez caricatural.

Attention, ce n’est pas qu’un gestionnaire. C’est aussi… un tueur !

Bien qu’il semble extrêmement loyal, ce personnage ne l’est pas totalement. On le constate quand il est accusé de « coucher avec toutes ses danseuses » et quand il est impliqué dans un cambriolage à un moment de la série.

_Paulie « Walnuts » Gualtieri : l’homme de main vieux-garçon

Zeus, Pluton… Et maintenant Mars le dieu de la guerre ? Cela pourrait correspondre à Paulie. Après tout, Paulie à principalement pour travail la violence.

Scène hilarante, dans la saison 6, les quantités de paires de mocassins en cuir blanc que Paulie emmène pour aller à Miami.

C’est une des particularités géniales du personnage, malgré son travail très viril, il a un look parfois un peu sophistiqué.

Tout le portrait du personnage de vieux-garçon qu’est Paulie, est vraiment très réussi. L’acteur Tony Sirico a dû beaucoup s’amuser, même si son visage montre davantage un « clown triste » (expression employée dans la psychothérapie de Tony Soprano).

6.2 Les autres personnages archétypaux

_Livia Soprano : la mère castratrice

Si la mère de Don Draper dans « Mad Men » (2007 – 2017) est une prostituée, la mère de Tony Soprano est un tyran. Les dialogues insistent beaucoup sur le fait qu’elle était castratrice et manipulatrice.

Le mythe de la Mamma Italienne en prend un sérieux coup.
Un véritable monstre.
Une démonstration de plus du côté maléfique des belles-mères.

Loin dans la série, Tony à cette phrase très profonde : « Nos Mères sont comme des bus qui nous amènent sur cette terre. Puis un jour, elles nous font sortir du bus. Et nous, on passe notre vie à vouloir re-rentrer dans ce bus »… Très émouvant.

_Carmela : la mère poule précieuse et hystérique

Difficile d’éprouver de l’affection pour Carmela.
_Mère tantôt tyrannique, tantôt poule.
_Poule de luxe vénale et cupide. Totalement orientée vers l’argent et les apparences.
_Hystérique, électrique. Pas le genre de femme à fumer le cigare pour trouver des solutions. Dommage.

Une fois le mot « sorcière » est prononcé pour décrire les femmes Italiennes… Dans le mauvais sens du terme… Cela peut lui correspondre.

Il est notable que de constater que :
_Tony ne lui parle JAMAIS de ses affaires. RIEN. Comme si sa femme pourrait être le premier des témoins à son procès. Alors que la série montre une femme cheffe de famille en Italie, Tony, lui, semble se méfier absolument de sa femme.
C’est dire qu’il à certainement dû entendre un paquet d’histoire au sujet des femmes, à la terrasse de la charcuterie Satriale. Les hommes ayant la faculté d’être davantage des commères que les femmes (en leur absence…).
C’est d’ailleurs dans les milieux qui fournissent des informations (cafés, bars, restaurants, boîtes de nuit, clubs libertins etc…) que le milieu criminel investi souvent, afin de collecter un maximum de renseignements.
_Elle n’est donc pas sa confidente, ni sa conseillère (ce qu’est un peu sa psychologue).
_La voit-il comme une génitrice uniquement ? Serait-ce une des raisons pour lesquelles il a des maîtresses ? La considère t’il comme une sorcière qui peut lui faire un mal fou ? Est-ce un mariage d’apparence ? Tony étant un maître pour prêcher les grandes valeurs et faire l’inverse dans l’ombre. Il y a là tout un pan de la culture Italienne qui n’est pas exploré mais juste montré.
_Carmela a volé Tony (40 000$). C’est également avec l’appât financier que Tony va régler un problème important avec elle.
_Elle l’a trahi en coupant ses cheveux alors qu’ils avaient convenu qu’il devait donner son avis sur ce sujet avant qu’elle entreprenne quoique ce soit.

_Christopher : le macho de base ultra impulsif et prétentieux

Le personnage de Christophe est une vraie caricature. Un adolescent narcissique dans un corps de presqu-adulte. Un vrai voyou sans manière ni classe.

Cependant son côté « macho » poussé à l’extrême est relativement bénéfique. Pourquoi ?
_En effet, ne pas être du tout macho (problème de Anthony Junior) est perçu comme un signe de faiblesse dans le monde des Soprano. Il aurait été intéressant de voir Christopher prendre en main Anthony Junior.
_Aujourd’hui, à l’heure ou l’homme blanc est considéré comme un « problème » par les médias mainstream, Christopher est porteur de toute une culture de la célébration du masculin. Même si il est excessif, il serait intéressant de penser parfois « Dans cette situation là, que ferait Christopher Moltisanti ? ».
Rappelons que en astrologie, le masculin est lié au soleil et le féminin à la lune.

_Adriana : une Aphrodite dans un monde trouble

Cette très belle femme contraste avec la Mère de Tony et sa femme. Elle est humble, dévouée, avec un look très spécial mais qui souhaite être sexy.

Un peu naïve. Travailleuse. C’est une junky à qui l’on s’attache vite. Jusqu’à ce que…

_Oncle Junior : l’autodestruction d’un mafieux borné

Oncle Junior aurait pu être le Père que Tony n’a plus. Mais le personnage déçoit de plus en plus, au fur et à mesure que la série avance.

Si Oncle Junior avait regardé la série « Game of Thrones » (2011 – 2019), il aurait peut-être compris que pour régner, il faut écouter ses conseillers. Or c’est justement ce qu’il n’a pas fait. Le fait d’être prétentieux et de n’en faire qu’à sa tête l’a poussé vers sa chute.

Un moment savoureux est l’anecdote que Oncle Junior raconte dans la saison 6. Quand il était petit, il avait refusé un pourboire et il a reçu une correction de son Père. Puis celui-ci lui a fait faire 20km à pieds pour qu’il rentre chez eux.

_Meadow Soprano : la fille à Papa

Pas vraiment mignonne au début de la série. Elle devient vraiment jolie à la fin. Ses histoires d’amour et même sa vie tout court n’apportent pas grand chose.

_Anthony Junior Soprano : la déception absolue

Si au début de la série, on peut espérer que Anthony Junior allait prendre le relai de son Père… Cette idée s’estompe au fur et à mesure, malgré quelques moments qui nous donnent de l’espoir.

La raison ? La règle des 3 générations. Johnny Soprano a créé le business. Tony Soprano a géré le business. Anthony Junior, allait détruire le business.
Et cela Tony s’en est rendu compte assez tôt.

_Artie : le personnage frustré 1.0

Dans la saison 5 on apprend que c’était lui la terreur à l’école. Mais il semble qu’il ce soit trop rangé. Et ait perdu ses couilles à force de trop vouloir rire.

Un vrai clown pas drôle qui n’inspire pas grand chose.

7_ Une série éducative

On comprend que un des objectifs de la série est de montrer les bons et mauvais côtés de la mafia (même de façon peu explicite). L’idée est bonne. Ainsi on évite de trop fantasmer sur ce monde quand on voit les dégâts que ces membres occasionnent. C’est bien, car si l’on s’en réfère à tous les films de gangsters, ceux-ci sont présentés comme des hommes d’honneurs en marge de la société, ce qu’ils ne sont pas en fait. Ce sont des loups dans une société de loups.

Du reste, pour les combats 1 VS 1, la série est réaliste. Les bastons interminables des films années 80 laissent place à une violence plausible. Coups de pieds dans les couilles, ruses, phrases gentilles pour éviter les soupçons des passants etc… Tout cela indique que la série a reçu les conseils de personnes qui ont vécu ces situations.

Le problème est que la série tombe dans la moralisation au fur et à mesure que elle avance. Heureusement que ils n’ont pas fait plus d’épisodes !

C’est vraiment dommage, car beaucoup de thèmes auraient pu être approfondis. Par exemple tout ce qui attrait à l’honneur :
_Quand un homme de main se moque de la femme d’un autre homme de main et que celui-ci réagi en laissant exploser toute son animalité.
_Pareil quand Meadow est insultée, la réaction de Tony est irraisonnée et stratosphérique (un des meilleurs moments de la série).
La nature protectrice (voir agressive) de ces hommes tranche avec la mentalité de hippie dans laquelle on doit tout laisser faire.

8_Une série identitaire

La série a également pour but d’éduquer les Italo-Américains, sur… la culture Italienne.

L’épisode en Italie mets en avant des superstitions très intéressantes (que l’on a également en France) concernant les cheveux et les ongles.

À un autre moment, Furio évoque la haine que l’Italie du Sud a envers l’Italie du Nord.

Un épisode entier est consacré à rappeler que Christophe Colomb était Italien.

À la fin d’une réunion, on apprend qu’il va y avoir une conférence sur le thème « Sorcière et femme dans la culture Italienne ». Malheureusement, ces thèmes ne sont pas développés.

On apprend que on cuisine autant « au beurre que à l’huile » en Italie (alors que on pourrait penser que la cuisine Italienne utilise largement l’huile).

9_Le travail sur les costumes : entre réalisme et personnages archétypaux.

*Le réalisme

Chemise noire. Cuir noir. Pantalon de costume noir. Chaussures noires. Survêtements. Chemises de joueurs de bowling. Lunettes de soleil parfois. Nombreux bijoux en or. Montres en or. Pendentifs en or : médaille, croix et cornucopia (corne d’abondance) etc… Bref, les personnages ont vraiment un look de gangster… Surtout dans la saison 1. Ensuite cela se gâte.

*Le spectacle

Le style façon « Kingpin » de Tony est de pire en pire au fur et à mesure de l’avancée de la série. Pareil pour le costume brillant de Tony B (le cousin de Tony Soprano) qui éblouirait une chauve-souris.

Plus la série avance, plus on est dans le bling-bling et le too-much. Ce qui ne gêne pas les marques notamment celles du luxe (qui connaissent leur clientèle…).
Pareil pour les voitures. Si elles sont classiques voir populaires au début de la série. On tombe dans le placement de produit dés la saison 4.

Au départ on a affaire à des gangsters classiques. À la fin, ils ressemblent tous à des PIMP (macros).

10_Les animaux emblématiques 

Ils sont nombreux :

_Le tatouage de tigre de Tony

Ce tatouage est très souvent montré dans la série.

Du reste, sur sa cheminée, on voit une sculpture de félin blanc. Peut-être une panthère ? Et sur une étagère à proximité, une statue de lion.

_La tatouage de panthère noire de Paulie

Emblème en opposition totale avec le tatouage de Tony. Lui aussi souvent mis sous le feux des projecteurs.

_L’ours au début de la saison 4 et le clin d’œil à la fin de la saison 5

Vu le caractère de Tony, on comprend vite qu’il s’agit de lui.

_Le cochon dans la saison 1 et son retour dans la saison 6

Symbole d’abondance chez les Chinois et les Européens, le cochon est aussi un aliment consommé par les chrétiens. Cela tombe plutôt bien, car la série se revendique chrétienne…

_Le taureau

Dans la saison 6, Carmela dit affectueusement à Tony « Tu es un taureau ». Dans sa bouche, cela signifie que son mari est fort et viril.

Le taureau est un animal central de la civilisation. Représentant le soleil, le feu et le masculin depuis l’antiquité en Europe. Sans doute lié à Vulcain et/ou Mars. Consacré dans la Bible comme étant l’emblème de Saint-Luc.

_Les canards dans la piscine de Tony

On les voit dans le premier épisode de la série (puis une seconde fois bien plus loin je crois) mais rien n’est vraiment développé autour d’eux.

Ce qui est vraiment dommage. Les canards sont un symbole, notamment, de fidélité (pas vraiment le fort de Tony), de confort et de famille. En tant qu’animaux liés à l’eau ils sont liés à la spiritualité. Mais ce sont aussi des animaux qui peuvent marcher sur la terre et voler dans les airs.

Pourquoi la vision des canards a-t’elle entrainé le malaise de Tony ? Cela reste un mystère… Malgré 86 épisodes…

_Le comportement de lapin de Tony

Le lapin ne devait pas être l’emblème du magazine « Playboy » cela devait être le cerf. Mais quand on connaît l’obsession sensuel des lapins, on se dit que le remplacement fut pertinent.

Et c’est justement le fait que Tony s’adonne à ce péché capital qui le rend assez sympathique pour bon nombre de téléspectateurs. Il a une vie dont beaucoup d’hommes rêvent.

Don Draper dans « Mad Men » (2007 – 2017) sera aussi tourmenté que Tony mais passera moins à l’acte. Tandis que le pire de tous reste James Bond : sorte de Casanova britannique moderne (dont bizarrement, l’emblème est le cerf dans « Skyfall » (2012)…).

_Raphie : le renard

Avec sa perruque rousse ridicule et son sourire diabolique, l’acteur Joe Pantoliano – révélé au monde dans « Matrix » (1999) – incarne un personnage très fortement semblable au renard.

Animal qui, comme le loup, est considéré en France et en Italie comme étant extrêmement négatif (en tout cas sur le plan de la symbolique).

*Phil : le léopard

Même si dans la saison 6 il dit que « Leotardo » est une déformation du nom « Leonardo » il semble plus logique que l’idée des scénaristes était d’en faire un « Leopardo ». C’est-à-dire un léopard, vu que Tony est un tigre (voir tatouage) et que Paulie est une panthère noire (voir tatouage aussi) cela peut sembler cohérent.

Mais à voir ses yeux et son caractère mal léché voir vicieux, on peut se demander si l’acteur Franck Vincent ne c’est pas un inspiré du loup.

Bilan :

Points négatifs de la série :

_La place de la nourriture dans la série peut parfois être dérangeante.

_L’utilisation régulière de grosses liasses de billets par Tony Soprano est assez indécente.

_Alors que Tony Soprano avait une voiture assez basique (un 4×4 Chevrolet rouge assez long), le fait que au début de la saison 4 il passe à un énorme SUV Cadillac blanc, cela rend son personnage beaucoup moins attachant.

_La générosité excessive du boss (qui s’estompe un peu à la fin de la saison 5 avec l’épisode du garage ou, là par contre, il a un comportement de rat).

_Des épisodes très longs et très axés famille et éducation. Tel un gros plat de spaghettis…. Après il faut comprendre que chaque épisode est séparé d’une semaine et génère une attente importante. De plus, elle est diffusée sur un continent. Continent connu pour aimer « le gros et le grand ».

_La psy aurait dû être remplacé par un prêtre ou un moine. De toute façon, à part sur le fait que la psy reprenne le conseil qui fut donné à Tony en Italie « Vous êtes votre meilleur ennemi » la psy n’a presque jamais rien apporté à Tony. C’est à se demander qu’elle rôle elle avait…

_Pas assez de discussions entre hommes. Notamment autour de cigares. Ne pas montrer ces scènes, ce n’est pas logique puisque la série évolue dans un univers viril qu’est celui des gangsters.

_On peut s’interroger sur cette volonté de vouloir faire passer les mafieux pour des gens « comme les autres » alors que leur volonté est justement de ne pas vraiment être comme les autres.

_Comme pour « Mad Men » (2007 – 2017), c’est l’épisode 1 et la saison 1 d’ailleurs qui est la plus intéressante. Ensuite, c’est le rouleau à pâtisserie. Des longueurs en veux-tu en voilà.

_Une qualité qui tend à décliner avec les saisons. En effet, à cause de la popularité de la série, le politiquement correct s’y est invité. De manière assez désagréable vers la fin.

_Tout l’univers des films pour adulte n’est pas assez creusé. Juste un peu abordé à la fin de la saison 6.

Points positifs de la série :

_Des enseignements réels sur le système de la corruption aux USA… Mais en fait partout ailleurs aussi.

_Une démystification méthodique du conte de fée du film « Le Parrain » (1972). Notamment par la démonstration que ces mafieux connaissent eux-aussi des problèmes familiaux graves alors que ils mettent toujours en avant la force de leurs familles pour faire peur à autrui.

_De manière moins claire que dans « Mad Men » (2007 – 2017), la série brise le tabou de la HAINE entre homme et femme.
*Surtout la haine entre le fils et la mère. Que ce soit entre Tony et sa mère ou (plus tard) entre Silvio et sa mère.
*Et entre Tony et Carmela (son épouse qui passe plus pour une mère que pour une maîtresse d’ailleurs).

_Une série qui parle beaucoup aux hommes (même si les scènes avec les femmes sont légions). Elle donne quelques clefs (trop peu) sur le subtil équilibre à trouver entre être un macho (hard power) & un gentleman (soft power).

R.I.P James Gandolfini (1961 – 2013).

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :